road trip moto auvergne 5 jours, itinéraire complet, hébergements et conseils pratiques

road trip moto auvergne 5 jours, itinéraire complet, hébergements et conseils pratiques

Un road trip de 5 jours en Auvergne à moto, c’est l’équivalent d’une grande salle de jeu pour motards : virages à la chaîne, routes désertes, volcans, lacs, petits villages, bonnes tables… et quasiment aucun bouchon. Mais pour en profiter vraiment, il faut un itinéraire logique, des étapes cohérentes, et un minimum de méthode.

Je te propose ici un parcours de 5 jours, réaliste et testé dans l’esprit, avec des idées d’hébergements et une série de conseils très concrets. Tu peux l’adapter dans un sens ou dans l’autre selon ton point de départ, mais la structure globale fonctionne bien pour un couple ou un petit groupe de motards.

Pourquoi l’Auvergne est un terrain de jeu idéal pour 5 jours à moto

L’Auvergne, ce n’est pas que des vaches et du Cantal. C’est aussi :

  • des enchaînements de virages sur des routes secondaires bien entretenues ;
  • du relief varié (plateaux, volcans, gorges, cols) sans les contraintes des grands cols alpins ;
  • une circulation généralement faible, sauf autour de Clermont-Ferrand et des grands axes ;
  • un climat plus frais que la moyenne en été, ce qui est appréciable en équipement moto complet ;
  • des hébergements motards friendly, souvent habitués à recevoir des deux-roues.

En 5 jours, tu as le temps de faire un vrai tour du Massif central auvergnat : Chaîne des Puys, Sancy, Cantal, gorges et lacs. L’idée n’est pas de « faire des kilomètres pour faire des kilomètres », mais de rouler 4 à 6 heures par jour, avec de vraies pauses et des visites possibles.

Jour 1 – Arrivée par Clermont-Ferrand et découverte de la Chaîne des Puys

Point de départ logique : Clermont-Ferrand, facilement accessible depuis Paris, Lyon, Bordeaux, Limoges ou Saint-Étienne. Si tu viens de loin, prévois l’autoroute jusqu’aux abords de Clermont, puis on sort des grands axes.

Objectif du jour : se mettre dans le bain sans se cramer, environ 180 à 220 km.

Itinéraire type :

  • Arrivée à Clermont-Ferrand : pause carburant, vérification rapide de la moto (pressions, niveaux, tension de chaîne) et équipement ;
  • Remontée par la D68 / D2089 vers Orcines puis montée vers le Puy de Dôme (possibilité de laisser la moto au parking et de monter en train panoramique si tu veux la vue) ;
  • Route vers le nord de la Chaîne des Puys : Volvic, puis boucle par la D941 et petites routes vers Charade (ancien circuit mythique, portion de route intéressante) ;
  • Descente vers le sud par les petites départementales en lisière des volcans (D90, D52, selon ton hébergement de fin de journée).

Hébergement conseillé : secteur Orcines, Royat ou vers un gîte rural au nord-ouest de Clermont. Tu trouveras :

  • des hôtels avec parking privé (vérifie « parking fermé » au moment de la réservation) ;
  • des chambres d’hôtes habituées aux motards (souvent annoncées sur les plateformes avec la mention « accueil motard » ou « garage motos ») ;
  • des campings avec emplacements proches de l’entrée et souvent un peu d’herbe pour bricoler si besoin.

But de ce premier jour : prendre tes repères, régler ton organisation (bagages, rythme des pauses, communication dans le groupe) sans te mettre la pression.

Jour 2 – Du Sancy aux lacs : virages et cartes postales

On entre dans le dur, mais du bon « dur ». Cap vers le massif du Sancy, avec un mix de routes roulantes et de petites départementales sinueuses. Prévois 220 à 260 km selon les détours.

Itinéraire type :

  • Départ vers le sud par la D2089 / D941 en évitant autant que possible les grands axes ;
  • Direction le Mont-Dore et la Bourboule : belles routes de montagne, mais attention aux radars fixes et aux villages (contrôles fréquents en saison) ;
  • Montée vers le col de la Croix-Morand (D996) : série de virages idéale pour se faire plaisir en restant propre sur les trajectoires, visibilité correcte, mais prudence avec les gravillons en sortie d’hiver ou après orage ;
  • Descente vers le lac Chambon, puis Besse-et-Saint-Anastaise, village médiéval très sympa pour une pause café ou déjeuner ;
  • Boucle possible vers Super-Besse puis redescente vers Murol et les lacs (Guéry, Aydat) en jonglant avec les D36, D5, D978.

Hébergement conseillé : secteur Besse, Murol ou autour des lacs (Chambon, Aydat). Tu peux viser :

  • un petit hôtel avec restaurant (pratique pour n’avoir qu’à poser la moto le soir) ;
  • un camping avec chalet ou mobil-home si tu es en groupe ;
  • une chambre d’hôtes en village, souvent bien placée pour repartir tôt sans embouteillages.

Point de vigilance : en été, ces zones sont touristiques. Réservation fortement recommandée, surtout si tu veux un garage ou un parking fermé pour la moto.

Jour 3 – Traversée vers le Cantal : grands espaces et cols

On quitte le Sancy pour attaquer le Cantal et ses plateaux. Le décor change : paysages plus ouverts, impression d’espace, routes souvent désertes. Compte 230 à 280 km si tu fais une belle boucle.

Itinéraire type :

  • Départ du Sancy vers le sud-ouest : Issoire, puis remontée par les petites routes vers le Cézallier (D36, D678, etc.) ;
  • Traversée du Cézallier : sensation d’être seul au monde, idéal pour travailler ta position sur la moto, tes trajectoires, et tester ton confort de selle sur des portions plus roulantes ;
  • Descente vers Massiac ou Condat selon ton tracé, puis entrée dans le Cantal en visant Mauriac ou Riom-ès-Montagnes ;
  • Boucle possible vers Salers si tu as le temps : village classé, très touristique mais magnifique. Accès intéressant via la D680 / D678.

Hébergement conseillé : secteur Salers, Riom-ès-Montagnes ou Mauriac. Tu y trouveras :

  • des hôtels classiques de petite ville, souvent avec parking arrière difficilement accessible aux voitures mais parfait pour les motos ;
  • des gîtes ruraux isolés, pratique si tu veux le calme total (mais prévois le ravitaillement avant) ;
  • des auberges ou hôtels-restaurants de campagne où on dîne bien pour un budget raisonnable.

Astuce pratique : profite de cette étape pour faire un point carburant plus souvent. Certaines stations en zone rurale ferment tôt, et toutes n’ont pas de 24/24 par carte bancaire.

Jour 4 – Puy Mary et gorges : la journée carte postale sportive

C’est souvent la journée préférée des motards qui découvrent l’Auvergne : cols, panoramas, lacets serrés, gorges, bref, tout ce qu’on aime. 220 à 260 km sont largement suffisants, car la route est plus technique et les arrêts photo vont se multiplier.

Itinéraire type :

  • Départ tôt si possible pour éviter la foule, direction le Puy Mary via le Pas de Peyrol (D17, D680, D30 selon ton point de départ) ;
  • Montée au Puy Mary : route magnifique mais fréquentée en été, cyclistes nombreux, motorhomes, piétons au sommet. On roule propre, on anticipe, on ne coupe pas les virages ;
  • Arrêt en haut pour la vue (parking, puis montée à pied si tu as le courage en bottes) ;
  • Descente vers Murat ou Saint-Flour en enchaînant les petites routes, éventuellement boucle par les gorges de la Truyère ou du Bès selon ton temps ;
  • Retour vers le nord-est du Cantal ou le sud de l’Allier pour te rapprocher un peu de ta future direction de retour.

Hébergement conseillé : Aurillac, Murat, Saint-Flour ou un village alentour. En pratique :

  • Aurillac : plus de choix (hôtels, chaînes, etc.), pratique pour le carburant et la restauration ;
  • Murat / Saint-Flour : ambiance plus « petite ville de montagne », hébergements souvent plus calmes ;
  • Autour des barrages et gorges : quelques campings et gîtes très agréables, mais plus isolés.

Attention : dans ces zones, la météo peut changer très vite. Après 17 h, le brouillard et les orages peuvent rendre la route pénible. Ne prévois pas une étape trop longue ce jour-là.

Jour 5 – Retour par les gorges de la Sioule ou les plateaux

Dernier jour : on remonte tranquillement vers le nord en restant sur de belles routes. Objectif : ne pas gâcher la fin du trip par une dernière étape type « autoroute punitive de 600 km ».

Deux grandes options :

Option 1 : Gorges de la Sioule (si tu remontes vers le nord / nord-est)

  • Depuis le Cantal, remontée vers l’Allier et les Combrailles ;
  • Passage par les gorges de la Sioule (D915, D22, etc.) : route sinueuse, encastrée, paysage très sympa, souvent peu de circulation ;
  • Pause à Chouvigny, Menat ou Ébreuil, selon ton tracé ;
  • Puis récupération d’un axe plus rapide vers ton domicile.

Option 2 : Plateaux plus roulants (si tu dois rejoindre une grande ville rapidement)

  • Depuis Aurillac ou Saint-Flour, tu peux viser directement l’A75 (autoroute gratuite sur une grande partie) pour gagner du temps ;
  • Il reste possible de jongler entre l’A75 et les nationales / départementales parallèles pour ne pas passer 3 heures sur le même type d’axe ;
  • Tu adaptes ensuite selon ta direction : Clermont, Millau, Montpellier, etc.

Objectif du jour : adapter la longueur de l’étape à ta fatigue, à la météo et à tes contraintes horaires. En fin de road trip, la concentration baisse, les petites erreurs bêtes augmentent. Mieux vaut 100 km de moins et arriver lucide.

Où dormir : types d’hébergements adaptés aux motards

En Auvergne, on trouve de tout, mais tous les hébergements ne se valent pas pour un road trip moto. Les critères importants :

  • sécurité de stationnement : parking fermé, cour intérieure, garage ou au minimum emplacement visible depuis les chambres ;
  • horaires : possibilité d’arriver un peu plus tard, surtout si tu as eu un imprévu ;
  • accès à un point d’eau / chiffon pour nettoyer une visière ou une chaîne pleine de boue ;
  • petit-déjeuner suffisamment tôt pour pouvoir repartir vers 8 h 30 / 9 h sans traîner.

Les options courantes :

  • Hôtels en petite ville : pratique pour le carburant, les restos, et en général un bon compromis confort/prix.
  • Chambres d’hôtes : souvent plus chaleureux, parfois un garage ou une grange pour les motos, mais il faut réserver tôt en saison.
  • Gîtes et locations : rentable à plusieurs motos, mais plus compliqué pour une seule nuit. Intéressant si tu veux faire 2 nuits au même endroit et rayonner en étoile.
  • Campings : économiques, mais attention à la météo et au temps d’installation/démontage si tu ne restes qu’une nuit.

Astuce : au moment de la réservation, pose clairement la question « Avez-vous un endroit sécurisé ou discret pour garer une ou plusieurs motos ? » et note la réponse dans ton téléphone. Ça évite les mauvaises surprises.

Préparer sa moto pour 5 jours en Auvergne

Une moto bien préparée fait la différence entre un road trip fluide et une galère à base de dépannage au bord d’une D paumée.

Points à vérifier absolument avant de partir :

  • Pneus : au moins 50 % de gomme restante. Les routes auvergnates sont abrasives par endroits et très sinueuses, ça use.
  • Freins : plaquettes pas en fin de vie, liquide pas trop vieux (moins de 2 à 3 ans), pas de vibration au freinage.
  • Chaîne / transmission : tension correcte, graissage fait récemment, pas de point dur. Pour un cardan, contrôle du jeu et fuites éventuelles.
  • Niveaux : huile, liquide de refroidissement, liquide de frein. On complète ou on fait la vidange si tu es proche de l’échéance.
  • Éclairage : tous les feux fonctionnels. Tu peux finir un col dans le brouillard ou de nuit, même si ce n’était pas prévu.

Dans les sacoches, prévois au minimum :

  • un kit réparation tubeless (ou mèches) + mini-compresseur 12 V ou pompe manuelle ;
  • quelques outils de base adaptés à ta moto (clé de 10/12, torx si besoin, tournevis, pince) ;
  • un lubrifiant chaîne en petit format ;
  • un chiffon microfibre pour la visière et les optiques.

Équipement pilote et météo : ne te fais pas piéger

L’Auvergne, c’est la France, mais côté météo, on se rapproche parfois de l’Écosse en version allégée : tu peux faire 15 °C et pluie le matin, 27 °C et grand beau l’après-midi.

Équipement recommandé :

  • blouson textile ventilé avec doublure thermique et/ou pluie amovible ;
  • pantalon moto (textile ou cuir) + sous-couche type pantalon technique si tu crains le froid ;
  • gants mi-saison + une paire plus chaude dans un sac étanche ;
  • tour de cou et sous-casque léger (protège du froid et de la transpiration) ;
  • sur-gants et sur-bottes ou bottes réellement étanches si pluie annoncée.

Bon réflexe : consulter la météo fiable (Météo France, Meteoblue, etc.) la veille pour le lendemain, sur les points hauts (Puy Mary, Sancy) et pas seulement sur Clermont-Ferrand. Un 18 °C annoncé en ville peut se traduire par 10 °C avec vent sur un col.

Budget et aspects pratiques

Sur 5 jours, le budget dépend fortement de ton hébergement et de ta moto, mais on peut donner des ordres de grandeur réalistes pour un motard solo :

  • Carburant : 200 à 300 € selon ton autonomie, ta cylindrée et ton rythme, pour environ 1 200 à 1 500 km ;
  • Hébergement : 50 à 90 € / nuit en moyenne (hôtel ou chambre d’hôtes corrects) ;
  • Repas : 15 à 20 € le midi (menu, brasserie) et 20 à 30 € le soir si tu manges à l’extérieur ;
  • Divers : visites, souvenirs, péages éventuels pour l’aller/retour autoroute.

Pour un couple en partage de chambre, l’hébergement ne double pas, ce qui rend le trip beaucoup plus rentable à deux.

Pense aussi à :

  • vérifier ta couverture d’assurance (assistance 0 km ou non, prise en charge de la moto en cas de panne) ;
  • emporter au moins une copie numérique de ta carte grise, permis et attestation d’assurance (scan dans ton téléphone + éventuellement mail envoyé à toi-même) ;
  • prévoir un moyen de paiement de secours (carte secondaire, espèces) en cas de souci de CB.

Check-list rapide avant de partir en road trip moto en Auvergne

Pour terminer, quelques points clés à passer en revue :

  • Itinéraire : étapes de 200 à 280 km maximum, avec au moins 1 marge d’une heure par jour pour les imprévus.
  • Moto : pneus, freins, chaîne/cardans, niveaux, éclairage, kit réparation, outils de base, lubrifiant chaîne.
  • Équipement : blouson modulable, gants de rechange, sous-couches, équipement pluie, tour de cou.
  • Hébergements : réservés au moins quelques jours avant, avec solutions de stationnement convenables.
  • Assurance et papiers : assistance vérifiée, copies numériques des documents, contacts utiles enregistrés.
  • Météo : consultation la veille pour adapter départs, pauses et choix des routes (cols/gorges).

Avec ce type de préparation et un itinéraire structuré comme celui décrit ici, l’Auvergne devient un terrain de jeu idéal pour 5 jours de moto : assez de kilomètres pour se faire plaisir, assez de confort pour ne pas en sortir rincé, et suffisamment de variété pour avoir envie de revenir explorer les coins que tu n’auras fait qu’apercevoir.